Quatre stratégies, un seul process

Par Jean-Philippe BoulangerCo-Fondateur et CEO de DEMFI··5 min de lecture
Échelle de prix horizontale 0¢ → 100¢ du carnet Polymarket, avec les quatre stratégies DEMFI positionnées sur leur zone d'entrée respective : Longshot achat YES à 1–5¢, Edge YES achat YES à 20–49¢, Edge NO achat NO à 80–97¢, Safebet achat NO à 86–97¢

Sur Polymarket Weather, on me demande souvent : "OK, vous avez la prévision, vous avez la confiance, vous avez le marché — mais concrètement, qu'est-ce que vous faites ?" La réponse n'est pas une stratégie. C'est quatre.

Quatre familles de trades. Quatre profils de risque. Quatre raisons d'entrer. Aucune ne rend riche seule, et aucune ne marche tous les jours. Mais ensemble, avec un process commun de sizing et de sortie, elles transforment une information de qualité en exposition mesurée — c'est-à-dire en risque assumé, jamais subi.

Voici le menu, et ce qui se cache derrière chaque ligne.

Safebet — la haute conviction défensive

Le marché propose un bucket de température que la physique a déjà éliminé. Pas "improbable" : exclu. Demain à Lucknow, le marché continue de coter le bucket "38°C ou plus" à 12 cents sur le NO, alors que les 14 modèles convergent à 32°C avec une variance de 0,8°C. Le NO est cher parce qu'il est presque sûr — et c'est exactement ce qu'on veut acheter.

Profil : entrée à prix élevé (≥ 0,85), gain attendu modeste (5 à 15 cents par dollar engagé), volatilité faible. C'est le pari "haute conviction, faible amplitude". Sa principale ennemie n'est pas la prévision — c'est la liquidité du carnet, qui peut faire glisser le prix de fill au-delà du seuil de rentabilité.

Edge YES — le mispricing avec ratio 2:1

Le marché et la science divergent. Nos modèles voient le bucket "23°C ou plus" à Tokyo demain à 65% de probabilité. Le marché le cote à 42% (le YES s'échange à 42 cents). L'écart est mesurable, calibré, persistant. C'est un mispricing.

Mais une bonne prévision ne suffit pas à justifier un trade. Edge YES n'entre que quand trois conditions s'alignent : le bucket DEMFI dépasse 50% de probabilité, l'écart avec le marché est d'au moins 5 points, et le YES coûte moins de 50 cents. Cette dernière contrainte est volontaire : à 50 cents, le payout est 2x la mise — autrement dit, on accepte d'être contredit une fois sur deux et on en sort à l'équilibre. En-dessous de 50 cents, chaque trade gagnant rembourse plus que chaque trade perdant. C'est la discipline du ratio 2:1 : pas le plus beau edge sur écran, le plus défendable face à l'erreur.

Edge NO — pas un Edge YES inversé

Edge NO ne fonctionne pas comme un miroir d'Edge YES. Il opère sur l'autre extrémité du carnet : le marché plébiscite un bucket en cotant le NO très haut (≥ 80 cents), DEMFI voit la conviction moins solide que ce que le prix suggère, et l'écart vaut le détour.

Sa différence avec un safebet n'est pas une question de prix — les deux achètent du NO cher. Elle est dans la conviction DEMFI : un safebet exige une quasi-certitude scientifique (probabilité d'exclusion ≥ 90%) ; un Edge NO se contente d'un désaccord net mais plus modéré. Profil de gain similaire, profil de risque légèrement plus large. Les acheteurs naturels du marché se concentrant sur le YES, le NO est plus liquide à recevoir au bon prix — encore faut-il que l'écart de conviction tienne après le fill.

Longshot — l'outsider systématiquement sous-coté

Le marché cote le bucket extrême — le 38°C+ à Madrid en mai, le 0°C à Mexico en août — à 5 ou 7 cents. La plupart des parieurs voient un produit perdant et passent. Mais quand 3 modèles sur 14, ou un ensemble de 51 membres avec une queue de distribution suffisamment chaude, voient l'événement atteignable à 12% — payer 2 cents pour un ticket à 100 cents devient un trade aux paramètres très différents.

Profil : taux de hit faible, taux de gain unitaire massif. Demande la patience d'une centaine de tickets pour que la statistique s'exprime.

Le process commun, qui rend les quatre exploitables

Quatre stratégies, un seul process. Sans lui, l'information de qualité finit en pertes :

  • Sizing fractionnel. Une bonne prévision ne justifie jamais une grosse mise. La taille de chaque trade est dérivée d'une fraction du Kelly théorique, calibrée pour absorber l'erreur résiduelle inhérente à toute prévision météo. La marge de sécurité se construit dans le sizing, pas dans la conviction.
  • Slippage gate à l'exécution. Si le fill érode l'edge théorique sous le seuil de rentabilité, l'ordre est annulé avant même d'apparaître au carnet. La règle s'applique aux quatre familles.
  • Sortie disciplinée. Edge sort sur signal de migration de pic. Safebet sort quand la prévision DEMFI fait machine arrière sur le bucket vendu. Longshot ne sort jamais. Trois règles, une discipline.

Tous ces paramètres — fractions de Kelly, seuils de slippage, gestion de sortie — sont en évaluation permanente sur notre flux de paper trades. Avant qu'un changement n'atteigne nos bots réels, il a tourné en simulation sur des semaines de données réelles. C'est le rôle central du paper trade chez DEMFI, et l'objet du dernier épisode de cette série.

Ce que DEMFI vous donne

Sur la plateforme, ces quatre stratégies sont exposées en temps réel comme quatre flux d'alertes distincts, ville par ville, bucket par bucket. Chaque alerte porte un niveau de confiance — HIGH, MEDIUM, LOW — qui résume si l'écart marché-modèle est solide ou marginal. Aucune décision n'est prise pour vous : nous publions l'information, vous décidez quel flux et quelle confiance correspondent à votre capital et à votre horizon.

Dans les épisodes qui suivent, je vais déplier chacune de ces familles avec ses chiffres, ses cas réels, et ses pièges. Mais avant tout : la mécanique de bankroll et de sizing qui les rend toutes exploitables. Sans elle, la meilleure information du monde se dilue dans une exposition trop large.

Connectez votre wallet sur demfi.io/fr pour le test Premium 7 jours, observez les quatre flux sur les villes que vous suivez, et lisez la suite avec les vraies alertes sous les yeux.

Bonne analyse,

— JP

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